Bourses, Salons Animaliers
et « reptiles shows »
(ou : l’endroit où ne pas acheter un animal)
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Vous vous attendiez à trouver ici un calendrier des bourses, salons animaliers
et autres shows de reptiles ? Vous chercherez en vain ce genre de chose sur
notre site, car nous sommes absolument opposés à ce type de manifestations.
Mais avant de quitter cette page, nous vous recommandons de prendre le temps
de la lire !
Ca ne mange pas de pain !
"Je l’ai traîné à droite et à gauche pendant trois mois ; je m’en suis enfin débarrassé aujourd’hui".
Ceci est une déclaration entendue de la bouche d’un vendeur, avec un ton de satisfaction dans la voix, à l’issue d’une grande bourse aux reptiles en Bavière.
Il était question d’un jeune python réticulé (Python reticulatus) que nous avions remarqué en raison de son rostre complètement raboté.
L’animal n’avait pas cessé d’essayer de trouver une issue pour échapper à son étroite prison en frottant son museau contre chaque centimètre de sa boîte. Progressivement, il avait ainsi arraché toutes les écailles de son rostre, à tel point que la chair de son museau était à vif. La déclaration du vendeur ne laisse guère de doutes sur la durée du martyre de cette pauvre bête.
Cet incident, dont l’auteur a été personnellement témoin, jette une lumière éclatante sur de telles manifestations. Pendant la « saison », il y a une bourse aux reptiles tous les samedis ou dimanches en Allemagne et dans les pays voisins.
Au cours des 8 dernières années, ces bourses se sont développées à la vitesse d’une maladie contagieuse, et le prix payé par les animaux ressemble à peu près à ceci.
La majorité des vendeurs qui y participent sont des vendeurs (non) professionnels, qui vont de bourse en bourse et qui, bien souvent, ne prennent même pas la peine de sortir les animaux de leurs boîtes en plastique entre les shows. Les animaux tiennent à peine dans ces boîtes, même quand ils sont enroulés sur eux-mêmes.
Combien de fois avons-nous entendu des amis et des possesseurs de reptiles décrire comment les animaux achetés dans des bourses tombent malades et meurent peu de temps après. Comment expliquer cela ?
Dans la nature, fixer du regard est une attitude agressive, et la réaction à cela est soit la fuite, soit l’attaque. Aucune de ces deux options n’est possible pour le boa qui se trouve dans sa petite boîte et qui est scruté du regard par des centaines de visiteurs de 9h du matin à 3h de l’après-midi. Par définition, une bourse a pour objet de proposer des animaux à la vente, de sorte que ceux-ci ne peuvent se cacher, ce qui leur cause un stress permanent. Nous n’insisterons même pas sur d’autres facteurs, comme les conditions de température qui sont loin d’être idéales, ou le stress causé par le transport.
L’animal est sorti de sa boîte à l’intention d’acheteurs potentiels, ce qui arrive facilement une bonne douzaine de fois lors d’une bourse. En outre, le pauvre animal a de la chance s’il n’est pas sexé plusieurs fois afin de garantir son sexe à d’éventuels acheteurs. Nous nous sommes aussi aperçus qu’il n’est pas rare de voir les toilettes utilisées par exemple pour mesurer la longueur du python molure à vendre.
Ce stress permanent a évidemment un impact sur le système immunitaire de l’animal. Les agents pathogènes, abondants dans tout être vivant et normalement neutralisés par le système immunitaire, peuvent alors facilement se multiplier. Résultat : le serpent tombe malade.
S’il se trouve que ce reptile est un “touriste des bourses” qui a déjà visité tous les lieux où se tiennent habituellement les bourses, vous ne pouvez féliciter que vous-même de l’avoir acquis.
Un exemple magistral du fait qu’en dépit de beaucoup d’efforts consentis par le gouvernement, de telles manifestations ne peuvent être organisées de manière à vraiment respecter les animaux est le “Terraristika” de Hamm, le plus grand show de reptiles en Europe.
Un compte-rendu de Jürgen Kromer, ancien webmaster de www.boa-constrictor.de
Scandale à Hamm !
Après ma visite au Terraristika-Show de Hamm, je ne veux pas garder pour moi mon opinion au sujet de ce salon. Les conditions étaient scandaleuses !
Je n’ai pas envie de monologuer interminablement, mais – par égard pour les animaux – je ne peux pas garder pour moi ce que j’ai vu là-bas. On ne devrait pas pouvoir traiter des animaux de cette manière. Le moindre des points négatifs était qu’aucun des boas à queue rouge (redtails boas, Boa constrictor constrictor) proposés comme des spécimens pure souche n’en était vraiment un. De telles erreurs peuvent être dues à un manque de connaissances. Bien plus alarmant est le fait que deux des trois Boa constrictor occidentalis que j’ai vus souffraient d’infections buccales. Et quand on entend le vendeur répondre : « Tous mes animaux sont sains ! », il est permis de douter de sa compétence. Les créatures de Dieu n’ont certainement rien à faire entre les mains de telles personnes. Un de mes amis, qui avait acquis un grand nombre de colubridés lors de ce salon, a ainsi pu observer une mortalité de 25% chez ces animaux. Cela se passe de commentaires.
Selon les règles de ce salon, les boîtes doivent être adaptées et ne posséder qu’une face transparente sur quatre. Qu’est-ce que cela peut bien signifier pour les vendeurs ?
Ca ne veut certainement pas dire que les lézards, les serpents et les amphibiens doivent être confinés dans de minuscules « saladiers ». J’ai ramené à la maison quelques-uns de ces récipients pour les examiner. Leur surface de base est de 9 cm sur 9 cm, pour une hauteur de 6 cm. Aucun animal ne peut être présenté de manière adéquate dans de tels récipients. Aucun, quel qu’il soit. J’ai même vu deux jeunes varans présentés dans ces “saladiers”. Ils devaient être littéralement enroulés sur eux-mêmes pour tenir à l’intérieur de ces récipients. Les deux varans étaient en état de choc, couchés sur le dos. Ce qui était encore plus choquant est que ces spécimens étaient continuellement empoignés par la masse des visiteurs, et copieusement secoués devant le sourire du vendeur. Et la manière employée était tout sauf douce. A nouveau, je me suis permis de demander pourquoi on agissait ainsi, à quoi je me suis entendu répondre : « Je voulais juste voir s’ils étaient encore vivants ! ».
Et ceux qui pensent que ces “saladiers” n’étaient pas empilés les uns sur les autres se trompent. A certaines tables de ces amoureux-fous-de-la-faune que sont ces vendeurs de reptiles, les boîtes étaient empilées par quatre et même par cinq. Toute personne rationnelle réalise immédiatement à quoi cela conduit. (mais pas les vendeurs !) En raison de la foule, il fallait littéralement faire la queue aux tables. Evidemment, chacun veut voir quels types d’animaux se trouvent dans les boîtes du bas de la pile. La foule poussait et les animaux étaient ainsi transbahutés à droite et à gauche et de bas en haut, ce qui devait être fait le plus vite possible. Ils allaient d’une main à l’autre et étaient donc continuellement en mouvement. A une table, deux des quatre "rough green snakes" étaient déjà morts !!! Que dire de plus ?
Les animaux présentés “de manière adéquate” qui ne pouvaient être vus que par un seul des quatre côtés étaient particulièrement maltraités. En effet, puisque presque tous les acheteurs voulaient voir les animaux de tous les côtés, ceux-ci étaient secoués encore plus cruellement.
J’estime de tels comportements répréhensibles aussi en ce qui concerne les insectes, même si la taille du récipient est suffisante pour eux.
Je pourrais poursuivre pendant des pages et des pages, et quiconque a été témoin de cela sera d’accord avec moi. Il y avait bien d’autres raisons d’être choqué. C’était la première fois que je me rendais au Terraristika de Hamm et j’ai été horrifié d’entendre dire que les conditions s’étaient significativement améliorées par rapport à ce qu’elles étaient auparavant !
Toutefois, pour sauver l’honneur des « éleveurs et vendeurs respectables » qui étaient présents, je voudrais ajouter ceci : il y en avait ! Malheureusement, ils étaient nettement minoritaires.
Hamm était encore récemment déclarée " Capitale allemande de la protection de la nature " (ou quelque chose dans le genre) sur le site internet de la ville. Depuis, les webmasters ont choisi de supprimer cette formule, ce qui nous semble sage dans la mesure où cette ville continue d’héberger le “Terraristika” deux fois par an.